Le problème de la presse, suite

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Le problème de la presse, suite

Message  Marine le Dim 16 Déc - 0:56

Lors de la rencontre hier soir chez Gabriel, nous avons de nouveau évoqué le problème de la désinformation médiatique. Le Monde de vendredi 14 en est un témoignage de plus, mais un témoignage nullement dépourvu d’intérêt…

Tout d’abord, nous y (re)découvrons que le petit Nicolas peut être très drôle, si si. Pour preuve, cet article intitulé : « M. Sarkozy se défend d’avoir la mainmise sur les médias », et qui nous dit ceci :
« Nicolas Sarkozy se défend de toute « mainmise » sur les médias, dans un long entretien au nouvel Obs publié le jeudi 13 décembre.
«Nous atteignons le comble de l’hypocrisie française ! La presse est globalement de gauche, non pas socialiste, non pas partisane, mais culturellement de gauche. Cela ne gêne personne », affirme le chef de l’État.
« Lorsque JM Colombani, directeur du plus grand quotidien français, deux jours avant le second tour, appelle à voter Ségolène Royal et à barrer la route à ce « bushiste néo-conservateur » de Sarkozy, c’est la démocratie ! » [NDLR : dans son éditorial du Monde publié le 4 mai, JM Colombani n’a employé ni l’adjectif « bushiste », ni le mot « néo-conservateur].
M. Sarkozy note qu’en France, « la liberté de la presse, c’est le soutien de la gauche. Quand on me soutient, ça devient la mainmise des médias », ironise-t-il. [i]« La presse, globalement, a été opposée à ma candidature. C’est son droit. Dire qu’elle m’a aidée, c’est à exploser de rire !! ».Interrogé sur sa proximité avec des patrons de presse, M. Sarkozy répond : « Si je suis le seul risque pour l’indépendance de la presse, vous pouvez dormir tranquilles ». Le chef de l’État se réjouit du fait que S. Dassault, A. Lagardère, M. Bouygues, B. Arnault, F. Pinault, C. Perdriel possèdent des journaux.
« Réjouissez-vous que des industriels investissent dans la presse, plutôt qu’elle appartienne à des fonds de pensions anglo-saxons ! » ajoute le président de la République.
Interrogé sur son omniprésence dans les médias, M. Sarkozy évoque ses liens avec TF1 : « Qui peut dire que cette chaîne a fait mon élection ? »
Le chef de l’État a été la personnalité la plus présente en nombre de passages au troisième trimestre dans les journaux télévisés des grandes chaînes, selon l’étude trimestrielles de l’institut national de l’audiovisuel publiée mardi 4 décembre. La palme revient à TF1, qui a consacré 43 séquences au président.
Président du Forum des sociétés de journalistes (SDJ) et président de la société des rédacteurs (SRM) du Monde, JM Dumay déclare : « Que le chef de l’État se satisfasse de la montée en puissance des industriels dans les médias témoigne d’une totale désinvolture sur le sujet. » Rappelant que M. Sarkozy est « le garant constitutionnel du pluralisme de l’information », M. Dumay juge les propos du chef de l’État « inacceptables et dangereux ».
« Les faits ne sont ni de droite, ni de gauche, rappelle-t-il. L’immense majorité des journalistes qui en rendent compte ont cette vérité, qui est aussi une exigence, à l’esprit. C’est vraiment mal connaître le métier de journaliste dans sa diversité et dans ses contraintes, que de porter un tel jugement partisan ».
M. Dumay ajoute : « Que M. Sarkozy accepte dons de rencontrer les journalistes pour parler de la crise de la presse plutôt que de jeter stérilement des anathèmes ». Le forum des sociétés de journalistes a demandé à rencontrer M. Sarkozy en juin, sans succès.
Devant l’importance « du temps d’exposition médiatique » de M. Sarkozy, F.Hollande et D. Malthus, député PS, avaient saisi le conseil supérieur de l’audiovisuel(CSA), fin septembre, pour lui demander de comptabiliser les interventions du président de la République.
Mais le CSA, arguant d’une décision du Conseil d’Etat de mai 2005, a répondu par une fin de non recevoir. »
Pascale SANTI


Mais le plus intéressant est la posture du journal lui-même. Le monde n’est pas à une contradiction près. En effet dans cette même édition, figure un minuscule article au sujet du mouvement qui est le notre, article pour ainsi dire noyé dans le matraquage du nouveau « plan de réussite » en Licence qui, lui, occupe une place de choix. Cet article s’intitule courageusement :

« LA FIN DU MOUVEMENT CONTRE LA LOI SUR L’AUTONOMIE »

Il dit ceci : « le tribunal administratif de Montpellier a ordonné, mercredi 12 décembre, au président de l’université Montpelliers-III, sous peine d’astreinte, de garantir un accès aux cours dans la faculté de sciences humaines, paralysée depuis 5 semaines par le mouvement de protestation contre la loi Pécresse sur l’autonomie des universités.
Cinq établissements demeuraient « perturbés » selon le ministère de l’enseignement supérieur.
Mardi 11, les étudiants de la faculté de lettres d’Angers avaient voté la fin du blocage. Même décision à Poitiers, en grève depuis le 19 novembre, à Nancy-II, ainsi qu’à Nantes et Pau, la veille.
Mardi les manifestations organisées par la coordination n’ont pas mobilisé, celle prévue à Paris avait été annulée ».

Et c’est tout.
Il nous faut écrire, et le faire avec dérision.
Marine

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Re: Le problème de la presse, suite

Message  racine le Dim 16 Déc - 19:59

Sur la presse, les médias, etc, il y a plein d'analyses sur le site de l'association acrimed (action critique média): autant sur des exemples précis qu'une réflexion de fond sur le problème 'comment se réapproprier démocratiquement les médias' (c'est pas gagné). J'ai cru comprendre qu'il y avait dans l'air l'idée d'une invitation de Rancière; peut-être qu'on peut aussi penser à quelque chose du côté de l'analyse des médias; un des animateurs du site, henri maler, fait beaucoup d'interventions, et c'est de qualité.
Tant que j'y suis, il y a un tout petit ouvrage, déjà ancien, mais qui me semble encore franchement d'actualité: "quelques diagnostics et remèdes urgents pour une université en péril", par l'ARESER (association de réflexion sur l'enseignement supérieur et la recherche); le coordinateur de tout ça était Bourdieu, et c'est dans la collection Raisons d'agir (raison d'agir, c'est aussi une association de chercheurs qui considèrent que leurs savoirs doivent être utilisés dans la perspective d'une réflexion engagée politiquement; outre des ouvrages sur des sujets divers - dont le livre noir des universités, qui comportait notamment une analyse de la réforme LMD - il y a une revue: savoir/agir)

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