Facebook ou l'amicalisation des rapports sociaux.

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Facebook ou l'amicalisation des rapports sociaux.

Message  Benoît Schramm le Sam 27 Mar - 15:10

J’aimerais partir d’un fait brut, sonnant, le dépassement de l’audience de Google par celle de Facebook durant une semaine aux Etats-Unis, pour articuler deux problématiques guattaro-deleuziennes.
Voici ce qu’en dit le héraut Clubic : http://www.clubic.com/actualite-330636-audience-facebook-google-etats-unis.html

A La sémiotique de Facebook.

1 Facebook ou l’horizon indéfini de signifiants.

Dans la continuité de Durkheim, pour lequel il faut considérer les faits sociaux comme des choses et inversement, et dans la continuité de Saussure pour lequel la linguistique n’est qu’une sous-partie de la sémiologie, science des signes, qui sont selon lui par essence sociaux, Deleuze et Guattari considèrent que les faits sociaux sont des signes. Quoi de mieux que Facebook pour l’exemplifier ? Chaque « activité », chaque « statut », chaque publication peuvent être commentés : en d’autres termes, ils sont potentiellement interprétables, et ce, à l’infini, ouvrant ainsi un horizon quasi-insignifiant de signes. On peut bien sûr poster n’importe quoi, c’est-à-dire un signe qui n’appelle pas une interprétation sérieuse, prévisible ; il n’en reste pas moins que ce nouveau « n’importe quoi » sera immédiatement disposé comme signe à interpréter (« Mais qu’est-ce qu’il a bien voulu dire ? »). On peut également consulter son univers Facebook comme on lécherait une jolie vitrine mouvante, assis devant sa télévision (1), mais je crois que chacun peut ressentir l’impulsion au commentaire (2) : « ça, c’est trop fort, il faut que je lui dise … ! » ; « qu’est-ce qu’elle a bien voulu dire ? » ; « je vais te pondre une de ces conneries ! » ; etc.

2 Névrose occidentale de l’interprétation.

Arrêtons-nous un instant sur l’interprétation : chaque signe interprété est considéré, constitué, de par l’acte d’interprétation, comme signifiant. Au cours de l’acte d’interprétation, son signifié (sa signification, son sens) est posé comme indéterminé ; par exemple, on se rapporte à une phrase comme une pure suite de symboles, de traces, dont le sens reste à déterminer. Cependant l’interprétation, si elle prend forme dans un commentaire, produit à nouveau une chaîne signifiante qui est alors disponible pour une nouvelle interprétation. Il est clair que Facebook n’a pas le privilège d’une telle circulation des signes ; il est le propre de la société occidentale en général, où tout écrit appelle un commentaire, une interprétation. (Songer aux infinies traditions de commentarisme qui peuplent nos bibliothèques. Notons en outre qu’il existe des sociétés où l’écriture n’appelle pas l’interprétation : le sens y est une présence brute. J’en traiterai éventuellement, dans un texte « à venir », si ça intéresse quelqu’un.)

3 L’interprétation appelle un centre de signifiance (3).

Si tout signe est interprétable, et appartient ainsi à une chaîne qui est potentiellement infinie, il faut que son sens puisse s’accrocher sur un lieu fixe, un lieu central où des chaînes de signes viennent s’accrocher, un lieu de signifiance. On peut arguer que les signes peuvent former un réseau homogène, être solidaire entre eux de manière régulière comme un canevas, mais ou bien ce canevas admet une zone plus dense et donc possède un centre, ou bien il se déploie selon une structure formelle identique à l’infini, et rend de ce fait, impossible la signification. (Ce deuxième type de structure est ce que Deleuze et Guattari appellent un « espace lisse », espace sur lequel l’inscription sociale n’est possible que dans le mouvement. Ce pourrait être l’objet d’un autre texte « à venir ».) L’impossibilité du processus de signification, c’est-à-dire du renvoi du signifiant au signifié, indique qu’elle est conditionnée par l’hétérogénéité du signifié et du signifiant. Le signifiant n’est pas de la même nature que le signifié : le premier est support matériel, le second est abstraction « idéale », conceptuelle, pur sémantisme. Il est donc une hiérarchisation entre le signifiant et le signifié telle que leurs places ne peuvent s’intervertir – ce qui se passerait dans le canevas infini de l’espace lisse. En conséquence, la signification appelle de toutes ses forces un centre, d’autant plus transcendant, qu’il doit porter de flots de signifiés, de longues chaînes de signes.

4 Transition politique.

Est-ce que l’Etat n’est-pas celui à qui, sur le territoire qu’on appelle la France, on rapporte tout fait politique, comme s’il était le sujet actif de l’activité politique française ?
Toute religion positive n’en appelle-t-elle pas à interpréter tout phénomène survenant dans le monde à partir de son (ou de ses) dieu(x), le(s) transcendant(s) par excellence ?
« Facebook », ce simple mot, qui désigne des amas de serveurs rendus opérationnels pour un code informatique unificateur (précisément parce qu’il code), n’est-il pas le point de transcendance sur lequel se déversent en y étant rapportés, des séries de faits de vie que les utilisateurs veulent bien lui confier ?
Ce premier développement ne visait qu’à introduire quelques traits de la sémiotique signifiante (configuration de signes fonctionnant selon les opérations de signifiance et d’interprétation), décrite dans le cinquième des Mille plateaux (1980) de Deleuze et Guattari. Je renvoie ci-dessous pour la lecture de quelques extraits de ce précieux plateau.

B Un appareil de capture amical(e).

1 Facebook, appareil de capture.

L’inconvénient de toute sémiotique signifiante est qu’elle capture les signes auxquels elle donne sens : le cas plus le plus frappant est celui de la religion qui rapporte tous les phénomènes du monde, et notamment spirituels (qui ne comportent pas la nécessité de l’existence d’un dieu), à l’existence et la Parole (transmise par des Ecritures, qui plus est) d’un dieu. Dans le vaste cercle de signifiants ainsi captés, tous les phénomènes se présenteront à un plus ou moins faible degré comme s’expliquant par son existence et sa volonté.

2 « Faites-vous des amis qu’ils disaient ! »

Sur un réseau social comme Facebook, la socialité fondamentale est l’« amitié ». Chaque phénomène ou événement, comme l’annonce d’un tremblement de terre, telle pétition ou telle œuvre d’artiste, y transite par l’« ami ». Ce dernier, semble-t-il en première approximation, doit son existence et sa valeur à un être social par essence, fondamentalement « happy », fondamentalement œcuménique, etc. qui ne cesse psalmodier « fais-toi des amis ! écris à tes amis ! aide-le, aide-la à trouver ses amis ! » : Facebook, l’être social sans face (4). En d’autres termes, il dit : aide-nous à agrandir la toile, à capturer tous les individus sociaux (pour ne pas dire socio-politiques) réels en « amis » virtuels, qui à coup sûr seront « happy to be on the web ».

3 L’« actualité » des amis.

Quoi d’inquiétant là-dedans ? Eh bien, c’est cette brève de Clubic qui me l’a inspiré. Google est aussi, comme on le dit souvent « ogre », un grand captureur, un grand signifiant ; ce qu’il capture, il le nomme et le pose comme « information » : ainsi par Google, toutes les informations se valent, à quelques distinctions de contenu près, comme informations (extraits d’ouvrages littéraires, sites commerciaux, actualités people, images, etc.). Mais il me paraît que cette capture de phénomènes sociaux et politiques (je les considère ainsi, en matérialiste) est moins dénaturante que celle opérée par le réseau des « amis ». N’y a-t-il pas neutralisation douillette de l’information (par exemple de l’actualité politique) si elle passe par le confortable réseau de ses « amis », ou encore qu’elle s’affiche dans l’interface de Facebook, avec une valeur alors égale à celle de l’actualité d’un « ami » ? Et n’y a-t-il pas déjà tromperie à afficher comme « Fil d’actualité » ce qui se passe dans le petit réseau de ses « amis » ? (Pour ceux qui ne le connaissent pas, ce fil prend place sur la page principale « Accueil », apparaissant donc dès que l’on se connecte à son compte.)

4 L’amicalisation des rapports sociaux.

Cette tromperie, ce détournement de structure signifiante, cette capture, doit être appellée « amicalisation » du signe. Deleuze et Guattari se battaient en leur temps contre l’« oedipianisation » ou la « familialisation » (5) des rapports socio-politiques, opérée par l’institution et l’appareil conceptuel psychanalytiques. Cette dernière, dans son activité herméneutique (d’interprétation) même, était en effet dénoncée dans l’Anti-Œdipe, comme rapportant tout fait de la personnalité du patient à la structure de la famille privée (papa, maman et fratrie). Contre cette neutralisation familiale de l’activité sociopolitique dans lequel le patient est toujours partie prenante comme individu socio-historique, Deleuze et Guattari entendaient s’introduire bruyamment dans les cabinets poussiéreux des psychanalystes en y apportant le nouvel air d’un codage socio-politique (restauré, montré comme tel) des signes. Pour eux, l’interprétation oedipienne n’est qu’une perspective, opératoire, pour comprendre des phénomènes qui appartiennent principalement à une causalité socio-politique. Ce codage est opératoire, notamment dans la résolution des pathologies sensibles à l’économie oedipienne, comme les névroses et hystéries ; cependant, institué comme code universel de la compréhension de l’individu, il le dépossède de son pouvoir et donc de sa responsabilité politiques. Il nous faudrait l’action conjointe de Foucault et d’Althusser pour montrer penser cette amicalisation est d’une part un instrument de disciplinarisation du corps social et d’autre part un appareil idéologique d’État qui subjective l’individu en sujet truffé d’amis jusqu’aux oreilles ! (Les oreilles et les yeux portent loin sur Facebook. C’est encore une ouverture pour un texte éventuellement « à venir » (6) sur le voyeurisme structurel de Facebook, qui fonctionne comme une presse people étendue.)

5 Facebook VS. Google : l’enjeu d’un conflit, perdu pour nous dans les deux cas.

J’aimerais, pour conclure l’analyse qui a été suscitée par l’actualité présentée sur Clubic, revenir sur le point (B.3) : l’affrontement entre deux sémiotiques (ensembles structurés de signes) de même nature. Facebook et Google (7), comme d’autres monstres numériques, capturent et neutralisent du signe. Pourquoi s’en insurger, puisque leur utilité est de mettre à disposition des « informations » ? Quitte à répéter, je rappellerais que ces signes sont en leur essence sociaux, historiques et politiques : ils appartiennent à la chaîne, contingente et impossible à décrire dans sa totalité, des événements qui les causent et qu’ils causent. C’est ce mixte de contingence et de déterminisme qui font leur valeur, et qui par ailleurs, constituent l’un des principes d’une étude matérialiste historique. La menace naît donc du remplacement, par capture, d’un signe – attesté par le matérialiste comme – concret ou effectif par un signe à la valeur, combinable et interprétable sans plus, dans un réseau de signes qui le prive de son enracinement (historique, politique, axiologique) originaire. Google, malgré et en vertu de son aspect divin (« je répondrais à toutes vos questions »), ouvre sur le monde : l’initiative est laissée à un sujet pour trouver l’information. Facebook incite au contraire à jouir de la passivité d’un nomade spectateur, du monde, et ce, dans la bulle embuée – par les commentaires – de ses « amis ». Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas de terminer sur un cri de ralliement comme « il faut sauver le soldat Google », mais de trouver, peut-être conceptuellement (parce que la présente production de discours n’est rien d’autre que conceptuelle), un issue. À cette fin, j’abrège ce paragraphe trop pessimiste à mon goût.

Issue en forme de dernière ouverture, conclusive, de ce texte qui fuit de toutes parts (8 ) :

Il faudrait thématiser à l’aide de Marcuse une sortie depuis la circularité et les chaînes de signifiants qui nous subjectivent, qui nous enchaînent, et des besoins qui neutralisent toute ligne de fuite révolutionnaire.
Ce ne sera pas la première fois que j’emploierai cette citation offerte par Emmanuel Barot :
« … pour développer les nouveaux besoins révolutionnaires, il faut d’abord supprimer les mécanismes qui maintiennent les anciens besoins. Mais pour supprimer les mécanismes qui maintiennent les anciens besoins, il faut d’abord qu’il y ait le besoin de supprimer les anciens mécanismes. C’est exactement le cercle en présence duquel nous nous trouvons, et je ne sais pas comment on en sort ». La fin de l’utopie, 1967, tr. fr., Delachaux-Niestlé / Seuil (coll. Combats), 1968, p. 35-36.

La réponse de Marcuse, livrée plus tard dans l’ouvrage cité ou dans un autre, est la rupture qualitative. Un complément par des connaisseurs serait le bienvenu, mais disons qu’elle consiste à transformer, depuis l’intérieur d’une structure, son fonctionnement par le changement qualitatif des rapports de production (au sens large) qui s’expriment en son sein. Je considère pour ma part que la publication, aussi vaine et inefficace qu’elle puisse être, de ce texte, accompagnée d’autres de même nature, sur Facebook, peut contribuer à la germination d’une telle rupture. Puisse-t-elle ne pas s’abîmer trop vite sous les flots impersonnels de ces « amis » à l’infini.

***

(1) Pour Deleuze et Guattari, le nomade (cf. le « douzième plateau ») est celui qui bouge en restant assis : il demeure dans le mouvement, car c’est l’espace qu’il habite qui se déplace. Il faudrait rapporter cette territorialité particulière à la passivité du téléspectateur qui s’amollit confortablement dans le déroulement d’images qu’il laisse couler. Le nomade a son oasis, son champ pour faire pâturer, ses repères fragiles dans l’immensité ; le téléspectateur ses programmes favoris, sa bière et sa pizza (J’exagère à peine ! Disons plutôt : la ritournelle de son manger devant l’écran qui crépite.).

(2) L’emploi réfléchi de la notion d’impulsion est motivé par une volonté de démarcation vis-à-vis des conceptualités freudiennes et lacaniennes d’une part, nietzschéennes et post-nietzschéennes d’autre part.
Néanmoins, j’invite à lire l’activité de cette « pulsion » :
- en hégélien forcené, comme exercice de la négativité d’un signe sur l’autre ; je dis « forcené » car il s’agit là, plus d’une opération de neutralisation, d’impuissantation, de brouillage d’un signe par un autre (à force de signifier, de produire du signifiant, on ne dit plus rien) ;
- en (lacano-)guattaro-deleuzien, comme le suggérait la correction de la lecture hégélienne, mais dans une conjugaison des points de vue structural et clinique : la pulsion au commentaire serait le corrélat objectif (comme position de sujet névrotisé dans le réseau sémiotique circulaire) de l’activité de la position la plus paranoïde de ce réseau, celle du grand signifiant Facebook.

(3) Dans les Problèmes de linguistique générale 2, au début du chapitre « Sémiologie de la langue », pages 43 à 45, Benvéniste l’approche pour ainsi moniste de sa sémiologie, où tout est devenu signe (du moindre fait, quelque soit son type de réalité, au signe lui-même). Ce paragraphe de la page 45 formule mieux que moi l’aporie du processus de signification reproduit à l’infini (et là, le mauvais infini, pour les hégéliens, se montre) :
« L’homme entier est un signe, sa pensée est un signe, son émotion est un signe. Mais finalement ces signes, étant tous les signes les uns des autres, de quoi pourront-ils être signes qui NE SOIT PAS signe ? Trouverons-nous le point fixe où amarrer la PREMIERE relation de signe ? L’édifice sémiotique que construit Pierce ne peut s’inclure lui-même dans sa définition. Pour que la notion de signe ne s’abolisse pas dans cette multiplication à l’infini, il faut que quelque part l’univers admette une DIFFERENCE entre le signe et le signifié. Il faut donc que tout signe soit pris et compris dans un SYSTEME de signes. Là est la condition de la SIGNIFIANCE. »

(4) Le rapport à la face est problématique, parce que le trait de visagéité appartient précisément, selon Deleuze et Guattari, à l’essence du grand signifiant, du signifiant qui fédère en cercles tous les autres. Encore, une réflexion « à venir ».

(5) Tel un clin d’œil à l’Anti-Œdipe, il existe un groupe sur Facebook intitulé « J'aime ma maman et que Dieu la protége!!! ♥ ♥ » (http://www.facebook.com/pages/Jaime-ma-maman-et-que-Dieu-la-protege-3-3/267886677618?ref=mf#!/pages/Jaime-ma-maman-et-que-Dieu-la-protege-3-3/267886677618?v=wall). Tout un programme. J’ai fini par comprendre que ce groupe devait ces 760 000 fans à un engouement quelquefois sincère, mais le plus souvent ironique. Mais qu’en déduire ? que Pétain festoie gaiement dans sa tombe ?

(6) Vous êtes lassés de ces « à venir » ? Sachez que ce sont des clins d’œil :
- au Livre à venir de Maurice Blanchot, traitant entre autres du prophétisme qui a la particularité de se défier des écritures et du Livre de Mallarmé qui n’est jamais venu, mais a fonctionné comme idée régulatrice de son écriture ;
- à celui qui m’a soufflé l’existence de ce livre, ainsi que l’envie de lire Deleuze et Guattari (et d’autres encore !), et qui nous promet toujours généreusement une « séance à venir », Guillaume Sibertin-Blanc.

(7) Google a toutefois pris, aux alentours du 20 mars, une longueur d’avance en termes de monstruosité. Je rappelle qu’en son sens étymologique, le monstre est celui qui montre. Google s’est mis à « indexer » (si ce n’est pas une affaire de signes, ça !) en temps réel les productions internautiques du monde entier. Cf. une autre brève de Clubic : http://www.clubic.com/actualite-331166-google-recherche-en-temps-reel.html

(8 ) Les lecteurs attentifs auront remarqué que l’on ne peut s’échapper d’une structure de signes centralisante comme celle de Facebook qu’en en fuyant, c’est-à-dire en la trahissant. La conclusion, elle, se veut une simple tricherie. J’insiste sur ces termes parce qu’ils ont leur importance dans la conceptualité du cinquième plateau, que je vous laisse découvrir.
Un indice toutefois : la tricherie est une activité interne à la structure, alors que la traîtrise est rupture radicale d’avec elle, ouvrant ainsi une ligne de fuite.


***

Pour les courageux, voici mes notes de lecture suivie du début du cinquième plateau qui traitent spécifiquement du régime de signes signifiant (ce que j’appellais la structure centralisante). Ne vous attardez sur les concepts qui vous ne comprenez pas, au profit de la lecture intégrale des notes, car la fin est plus intéressante et moins technique. Cela commence à la page 141.

Le régime signifiant du signe a cette formule générale : le signe renvoie au signe, et ne renvoie qu’au signe à l’infini. Le rapport de désignation d’état de choses étant exclu, la notion de signe pourrait disparaître, car seul compte le rapport formel signe avec le signe en tant qu’il définit une chaîne signifiante.
La linguistique suppose que la dénotation est l’ensemble de la désignation et de la signification ; elle fait partie de la connotation. Elle laisse donc de côté :
- l’indice est un état de chose territorial qui constitue le désignable.
- l’icône est une opération de reterritorialisation qui constitue le signifiable.
Le signe, dans un haut degré de déterritorialisation relative, est considéré comme un symbole, dans un jeu de renvoi du signe au signe.

En faisant abstraction du contenu, on se trouve dans la situation décrite par Lévi-Strauss : le monde a commencé par signifier avant qu’on sache ce qu’il signifiait ; le signifié est donné sans être pour autant connu.
Exemple de signifiant : rencontrer sur un trottoir deux petits bouts de bois se joignant comme deux aiguilles d’une montre.
[Page 142.] Le signifiant en lui-même, le signe qui renvoie au signe, est impuissanté, mais il acquiert sa puissance de la chaîne qu’il compose avec les autres signes. Ce régime est associé à la catégorie psychiatrique de la paranoïa : il est persuadé de sa puissance jusque dans son impuissance imaginaire face aux autres ; dans une telle réaction, il se pose comme tout puissant, despotique. La paranoïa de l’Etat peut expliquer son objectivation dans le corps social, comme menace toujours latente dans un corps social et surgissant de sa paranoïa même comme anticipation de son inexistence. La paranoïa explique l’enchaînement du corps social en une infinité circulaire ; l’énoncé survit à son objet, le nom survit à son possesseur.
Comme une bête ou un mort, le signe sans signifié ni état de choses, « bondit », comme ce qui n’est ni civilisé ni humain, pour trouver une place dans la chaîne et investir un nouvel état de choses d’où il s’extrait ensuite : ce mécanisme se répète à l’infini (« Impression d’éternel retour. »).
Le signifiant est la redondance avec soi du signe déterritorialisé, appartenant à un monde mortuaire et de terreur – car coupé du signifié. La mobilité du signe trouve son origine dans la paranoïa qui veut que tout signifie et dans l’impuissance corrélative du signe à signifier : le signe est en dette de signifié à l’infini.
Le régime signifiant est caractérisé par un saut du signe d’un cercle à un autre – par exemple, de la vie domestique au celle de la cité. [Page 143.] C’est par sa porosité des cercles qu’il se devine comme paranoïaque : c’est l’anxiété du report d’un signe sur l’autre, à l’infini. Ces sauts sont réglés. Bien que constitué d’un continuum amorphe, chaque cercle se caractérise par une vitesse de déterritorialisation, qui témoigne de son lieu d’origine (le temple, la maison, la rue, la brousse, etc.), soumis en son centre au despote de la signifiance. Les sauts sont l’œuvre de la tricherie : l’opération hystérique du tricheur comme sujet qui consiste à sauter d’un cercle à un autre, à déplacer la scène et la jouer ailleurs, répond à l’opération paranoïaque du dieu desposte installé en son centre de signifiance.
Outre la tâche organisationnelle des signes en cercle, le régime signifiant doit assurer l’expansion des cercles ou de la spirale, refournir du signifiant au centre pour vaincre l’entropie propre au système, et pour que de nouveaux cercles s’épanouissent ou que les anciens soient réalimentés. > D’emblée, le despote existe contre cette entropie de la signifiance (id est la structure unitaire du signifiant et du signifié, corruptible) : il craint d’être assailli et se renforce en signifiant à l’infini. L’interprétance ou interprétation seconde le service despotique de la signifiance. Le signifié n’est plus un continuum amorphe donné sans être connu, que le réseau des signes prenait dans son filet, mais il est délimité et connu comme conforme à un signe ou à un groupe de signes. De l’axe syntagmatique du réseau sémiotique, on passe à l’axe paradigmatique du signe, parce que formalisé, conforme à un signifié. Le prêtre interprétatif, le devin, est un des bureaucrates du dieu-despote. La tricherie du prêtre consiste à interpréter à l’infini, de sorte qu’il n’interprète plus rien qui ne soit déjà une interprétation. 144. Dans ce cas, puisque le signifié naît du signifiant, il ne cesse d’en produire.
Les prêtres-psychanalystes soumettent implacablement l’interprétation à la signifiance, de telle manière que le signifiant n’engendre aucun signifié sans qu’à son tour engendre à son tour du signifiant.
Signifiance et interprétose sont la névrose de base de l’homme.

Le centre de signifiant, le Signifiant en personne, est une pure abstraction et principe pur.
La pure redondance formelle du signifiant ne peut être pensée sans la substance d’expression qu’est la visagéité. En effet le langage est toujours accompagné de traits de visagéité ; et le visage cristallise l’ensemble des redondances, il émet et reçoit, lâche et recapte les signes signifiants. Il est à lui-même tout un corps : il est comme le corps du centre de signifiance, sur lequel s’accrochent tous les signes déterritorialisés, et il marque la limite de leur déterritorialisation.
Le visage est l’Icône propre du régime signifiant, la reterritorialisation intérieure au système.
Le signifiant est toujours visagéifié.
[Page 145] Le despote ou le dieu brandit son visage solaire qui est tout son corps, comme corps du signifiant. La recherche perpétuelle du signifiant est surcodage du signifiant, irradiation en tous sens, omniprésence illocalisée.
Le corps du despote a un contre-corps, le corps du supplicié ou de l’exclu.
[Page 146] Le bouc émissaire du régime signifiant est chargé de tout ce qui est « mauvais », sur une période donnée, id est tout ce qui a résisté aux renvois de signe en signe ; il assume aussi tout ce qui n’a pas su recharger le signifiant dans son centre, il emporte encore tout ce qui déborde le cercle le plus extérieur. Il incarne enfin et surtout la ligne de fuite que le régime signifiant ne peut pas supporter, id est un déterritorialisation absolue que ce régime doit bloquer ou qu’il ne peut déterminer que de façon négative, justement parce qu’elle excède le degré de déterritorialisation, si fort qu’il soit déjà, du signe signifiant.
Le système du régime signifiant comprend :
- le visage ou le corps paranoïaque du dieu-despote au centre-signifiant du temple ;
- les prêtres interprétatifs, qui rechargent toujours dans le temps le signifié en signifiant ;
- la foule hystérique au-dehors, en cercles compacts, et qui saute d’un cercle à l’autre ;
- le bouc émissaire dépressif, sans visage, émanant du centre, choisi et traité, orné par les prêtres, traversant les cercles dans sa fuite éperdue vers le désert.
Le régime signifiant caractérise tout groupement centré et hiérarchique de personnes.
Définition du régime signifiant :
1 le signe renvoie au signe, à l’infini (l’illimité de la signifiance, qui déterritorialise le signe) ;
2 le signe est ramené par le signe, et ne cesse de revenir (la circularité du signe déterritorialisé) ;
3 le signe saute d’un cercle à l’autre, et ne cesse de déplacer le centre en même temps que de s’y rapporter (la métaphore ou hystérie des signes) ;
4 l’expansion des cercles est toujours assurée par des interprétations qui donnent du signifiant et redonnent du signifiant (l’interprétose du prêtre) ;
5 l’ensemble infini des signes renvoie à un signifiant majeur qui marque la limite de la déterritorialisation du système ;
6 la forme du signifiant a une substance, ou le signifiant a un corps qui est Visage ;
7 la ligne de fuite du système est affectée d’une valeur négative, condamnée comme ce qui excède la puissance de déterritorialisation du régime signifiant
8 c’est un système d’universelle tricherie, à la fois dans les sauts, dans les cercles réglés, dans les règlements des interprétations du devin, dans la publicité du centre visagéifié, dans le traitement de la ligne de fuite.

Benoît Schramm
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Ton article tombe à pic !

Message  Lisa le Mar 30 Mar - 0:06

Je viens de finir un travail sur facebook avec mes lycéens. J'aurais pu t'inviter comme spécialiste de la question pour nourrir le débat ! Certes, il ne portait pas si loin, mais j'espère qu'il a amené ces jeunes à se poser des questions sur ces pratiques quotidiennes à premières vue seulement anodines. Je suis encore loin de savoir instaurer des "ruptures qualitatives" dans les enseignements du lycée, mais bon, dans un premier temps, c'est l'intention qui compte ...

Lisa
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Si je peu me permettre

Message  gramophone le Mar 30 Mar - 9:42

Société, humanité, évolution

Je pris le temps de lire le sujet, je dois d'abord me présenter, je suis né en Colombie, puis hasard ou destin je me trouve en France depuis le 14 de novembre de 1988.
Je m'excuse pour l'illisibilité de mon expression, je reste très mauvais en français

Certains comportements des individus sont avant tout liés à l'évolution.

Cette évolution est une clé, indispensable, nous devons admettre l'interaction entre les nouveautés et les individus.
Je voudrais être lisible en étant suffisamment profond; j'ai l'impression d'une contradiction entre lisibilité et précision du message.

Supposons pour un instant que nous pouvons prendre une photo d'une communauté du pléistocène, puis une autre photographie d'un groupe humain dans le campus d'une grande université.

Déjà, nos vêtements, sauraient source d'inquiétude pour ces personnes, "nos ancêtres" ayant vécu 1,8 millions d'années avant nous, va savoir nous pourrions même risquer la vie.

La sémantique, la sémiologie, des champs d'étude, nous donnent des idées sur l'énorme différence définie par l'écart dans le temps.

Mais cette différence interagis, c'est-à-dire que le progrès transforme l'individu qui nécessairement transforme la société et dans l'autre sens la société automatiquement transforme l'individu.

Facebook comme, la radio ou la télévision à un moment donné de l'humanité, vienne bouleverser les meurs;
Quelques quatre ou cinq siècles en arrière, un livre été un objet de luxe, le fait banal de nous jours d'écrire, avait une connotation différente dans l'empire Égyptien.

Il y a là dedans le facteur niveau socioprofessionnel, nous sommes obligés d'aborder le niveau culturel de l'individu, l'influence du milieu, la gratuité apparente de certains services sur la toile.

Voilà un court brouillon sur les phénomènes que comme FACEBOOK naissent avec l'évolution des technologies, changeant au passage le comportement de la société.

Bien entendu que le nombre de signes augmente avec l'évolution, la langue aussi évolue, sans doute d'autres signes doivent disparaitre, dans un "code" en évolution constante, quelque part, nous avons du lire, que le langage au quotidien ne fait pas usage que d'un pourcentage inférieur à 20% de la capacité réelle d'un cerveau.
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Re: Facebook ou l'amicalisation des rapports sociaux.

Message  Benoît Schramm le Mer 31 Mar - 11:38

Merci Lisa. Peut-être que l'an prochain je pourrai me joindre à vous. D'ici là, j'aurai d'ailleurs sûrement approfondi la question. Tu as bien fait de lancer le débat ; et il est clair qu'un enseignant de philosophie dans le secondaire ne peut rien faire de mieux que semer quelques petites germes en vue d'une éventuelle rupture qualitative.

***

Je dépose quelques remarques à gramophone.

"Cette évolution est une clé, indispensable, nous devons admettre l'interaction entre les nouveautés et les individus."
-> Je n'emploierais pas le terme "évolution", qui connote un gain moral : les changements de moeurs souvent coupés d'un progrès vers le bien moral ; ils sont tout au plus un progrès vers un mieux technique.

"Déjà, nos vêtements, sauraient source d'inquiétude pour ces personnes, "nos ancêtres" ayant vécu 1,8 millions d'années avant nous, va savoir nous pourrions même risquer la vie."
-> Je ne comprends pas cette phrase.

"Facebook comme, la radio ou la télévision à un moment donné de l'humanité, vienne bouleverser les meurs;
Quelques quatre ou cinq siècles en arrière, un livre été un objet de luxe, le fait banal de nous jours d'écrire, avait une connotation différente dans l'empire Égyptien."
-> Soit. Je n'ai jamais nié l'historicité de l'homme. Facebook est un phénomène social récent, et le présent texte ne cherche pas sur les conditions de son émergence, mais sur son fonctionnement, ce qu'il met en jeu dans l'espace social et politique actuel, quel événement historique il constitue.

"Bien entendu que le nombre de signes augmente avec l'évolution, la langue aussi évolue, sans doute d'autres signes doivent disparaitre, dans un "code" en évolution constante, quelque part, nous avons du lire, que le langage au quotidien ne fait pas usage que d'un pourcentage inférieur à 20% de la capacité réelle d'un cerveau."
-> Peut-être que le nombre de signes augmente, formellement, mais l'homme n'en connaît toujours qu'à peu près le même nombre : ceux qui ont cours et sens à son époque.

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Re: Facebook ou l'amicalisation des rapports sociaux.

Message  gramophone le Jeu 1 Avr - 4:17

Sorry because i don't speak very well in french

Pour ilustrer le phénomène Facebook, regardons le niveau d'audience de certaint type d'émissions ou programmes; certaines chaînes de télévision

nous devons admetre une tendanse au voyorisme, qui semble plus marquée dans une certaine catégorie socioprofessionnel.

Personnellement, j'acuse la société d'un procès dans lequel une vraie éducation est remplacé par l'ablation de la conscience sociale. Il est réducteur et inique croire que c'est la résultante impartielle de l'evolution de la société.


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Re: Facebook ou l'amicalisation des rapports sociaux.

Message  gramophone le Jeu 1 Avr - 5:13

Sorry teacher

a travers des habilles et la diffèrence d'époque je tente une sorte de parabole, pour mètre en Lumière cette sorte d'évolution dans les meurs et sont impacte sur l'imaginaire a plusieurs titres

" Ce qu'est différent risque d'eveiller des sentiments ou réactions, sans exclure la violence"

faire bouger les meurs reste conditionnée a des facteurs ou variables object d'un autre sujet (sans doute) le phénomène Facebook a une caractéristique commune avec certaines émission de télévision
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J'adore FACEBOOK et toi?

Message  gramophone le Lun 19 Avr - 16:31

Dans chaque être humain cohabitent plusieurs personnalités, de manière avouée ou pas, consciente ou inconsciente.

Par Nestor Elias Ramirez Jimenez dit GRAMOPHONE de Joigny France

Sorry everyone, because I don't speak very well in French

Le phénomène FACEBOOK, obtiens sa quintessence, sans doute de la partie "fantasme" de chacun d'entre nous, d'au moins en grande partie:

Il y a sans doute un dédoublement de la personnalité, du moment où nous sommes libres de vaquer hardiment et désœuvrées dans ce labyrinthe d'applications.

Il est si simple de rien faire, mais en plus de s'amuser en même temps; avec autant d'applications les unes plus inutiles que les autres, sans vouloir mettre tout le monde dans le même sac, puisque, nous sommes voués à l'adaptation de force dans un monde qui change, donc, une culture qui change, des meurs qui changent, où il ne faut pas passer pour le dernière, car cela est admettre une forme proche de l'antisociale, si tu n'est a jour vis-à-vis du dernier cri en portable, ordinateur, logiciel, etc., cela reviens a te classer dans le groupe des ringards.

Absence de diplomatie

Bien sur que cette maxime n'est applicable en règle générale. Bien sur qu'il est dépourvu de diplomatie un langage aussi cruel, avouons au passage qu'il est cruel mais parfaitement fondé.

Si tu es dans au moins trois ou quatre de ces réseaux du genre FACEBOOK, SONICO, TWITTER, etc., alors t'est quelqu'un de bien. Pas nécessairement!

Si tu n'es pas dans cette catégorie, tu ne mérite pas d'exister dans le siècle XXI! Pas nécessairement!

La réalité & impartialité

Difficile d'être impartial; disons que dans certains occasions ce genre de gadgets peu être outil, comme l'est d'ailleurs le téléphone portable, d'où déjà, la présence d'un choix.

Dans une urgence, certaines information peuvent véhiculer a travers, le téléphone portable, voir les réseaux en question.

Par contre, bien que je dois en termes d'éthique avouer, ne pas connaître les dites applications, qui m'arrivaient sous forme d'invitation sur mon téléphone. Je ne les considère pas utiles, moins encore indispensables.

D'où mon envie de connaître la raison de leur existence.

Ces applications naissent et se développent comme tout produit parce qu'il y a une demande? En tout cas, dans une apparente banalité, les personnes, adhérent sans condition à des invitations.

Quelles sont les répercutions?


Sur le plan de l'affectif

Sur le plan matériel

Les conséquences sociales


1. Sur le plan affectif


Il faut déjà un temps, pour y participer, c'est temps est bien réel, d'où sortir du temps, dans un monde moderne; dans le sens où si je suis étudiant, la charge de travail, les devoirs, sont très demandeurs du temps.

La vie de famille, les frères, les parents, les enfants, les amis de la vie réelle, (excluant les amis virtuels) ne sont pas présents dans ces moments. Car il y a un faux monde associatif, mais en soit il y a un travail derrière, fait dans le fond de la société, qu'isolent, qu'individualisent dangereusement

C'est travail est un travail sournois de ce genre de logiciels pour nous individualiser, nous isoler du monde réel. Derrière il y a des objectifs? Des techniques pour rendre schizoïdes, et si nous ajoutons le temps par personne passé sur ce genre d'applications? Le temps c'est de l'argent!

Je sais que les lecteurs peuvent à leur tour me classer dans un groupe des malades mentaux; un schizophrénique pou paranoïaque par une supposé altération de ma perception, ici vous pouvez lire un délire structuré, logique, alors pour quoi pas!

Vu de manière cartésienne : il faut du temps pour s'adonner au plaisir oisif de tant d'applications.

2. Sur le plan matériel

Le coût des artefacts nécessaires au fonctionnement des "délicieuses applications" déjà est un élément non négligeable. Coût qui fait le bonheur financier des actionnaires de Nitendo, Sony, Microsoft, Nokia, Sansumg, etc.

Si a cela nous ajoutons l'actualité critique en termes de finances, pour le citoyen lambda, le quidam de base, il faut donc qu'il opte pour des restrictions budgétaires quelque part, au passage, en tant que homo-consommateur, pour absence de niveau intellectuel, il est plus facile de tomber dans le piège. (consommation de la production locale, taux de croissance, balance commerciale déficitaire de la France)

La publicité présente dans touts les médias, le sentiment d'exclusions qui apporte la privation de ces gadgets. La société dans son ensemble est sévère vis-à-vis de ceux qui ne sont pas à la page.

En informatique, quelque soit l'application, elle demande des ressources, et des équipes compatibles, donc une fois de plus de la consommation, de l'investissement dans de nouveau matériel, obsolète touts les six mois!

En somme se sont des entreprises comme APPLE, MICROSOFT, NOKIA, SONY ERICSSON, (liste non exhaustive) qu'en profitent de la niaiserie du public, en étant bien sur très poli, puisque de toutes manières les médias à travers la publicité, un autre métier (qui mérite un sujet en termes d'éthique, plus tard) nous vantent une myriade de mérites de tant de choses!

3. Et la société

Est-ce que quelqu'un d'entre nous est capable de vivre de nous jours sans l'ordinateur, sans le téléphone portable, sans la télévision, sans le progrès?

La réponse est sans appel, NON!

Le progrès crée en conséquence les besoins, le progrès induit au consumérisme débridé, difficile pour toutes les classes sociales de mettre un frein a cela, au passage cela génère des emplois, très qualifiés d'ailleurs, car toute nouvelle technologie, est par nature très automatisée, et les vielles méthodes de production n'ont pas droit de citer là. Donc vive le progrès, vive le travail crée, pour ne pas être négatif! Vive le made in Taiwan, made in Corée, Made in China,

Non aux PTT, Alcatel, Alston, car nombre des entreprises, d'ailleurs privatisés (pour affaiblir le pouvoir de la nation) capables de maintenir l'emploi, sont démembres, EDFGDF en exemple OU FRANCETELECOM puis dès quelles passent de la dénomination "publique" au giron du privé deviennent par magie RENTABLES, (sans surtout oublier l'erreur sans doute du syndicalisme ici)

C'est autre sujet bien entendu, toutes mes excuses les plus humbles et sincères aux prof qui d'ailleurs sont responsables de la manière de m'exprimer:

http://actualite.forumpro.fr/t60p15-economie-politique-et-subvention#713


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entre aliénation et prosélytisme

Message  gramophone le Lun 13 Avr - 12:53

Entre aliénation et prosélytisme

Les réseaux sociaux sont vecteurs d’aliénation quand l’utilisateur, crois que c’est un loisir de plus : aller pour trouver l’horoscope, les critiques le plus fraîches sur les proches, les interventions plutôt banales du groupe d’amis sélectionne.

Une grossière erreur serait de croire que les réseaux sociaux serviraient à tout sauf à nous permettre de passer le temps de oisiveté, notre temps libre. En réalité, les réseaux sociaux sont à l’image des utilisateurs, inutile de les diaboliser, ainsi qu’un moment donné fut diabolisé l’Internet.

Les technologies sont une prolongation chaque fois plus moderne des activités éminemment humaines.  

Cela dit en tant qu’activité humaine, il faut inclure par extension, les goûts et les choix d’autant de monde comment des personnes s’y inscrivent.

Alors les réseaux seraient un vecteur d’aliénation ? A dire vraie autant que le sont l’ensemble des médiats, le sport et les loisirs.

Cela étant il faut reconnaître que c’est soit une facilité non pas d’entrer dans les réseaux en soit mais d’utiliser la tablette, mais plus communément le téléphone pour y accéder, d’où le nombre croissant de caricatures circulant sur le web où des faits par fois graves, semblent provoquer d’abord le geste de les photographier ou faire vidéos avec le téléphone !

Idiosyncrasie


En fait c’est un tout le modernisme, et les gadgets, qui influencent l’humanité, la culture, les langues, le comportement,  et cette influence est exponentiellement en fonction stricto sensu du niveau socioprofessionnel des individus ? Pas vraiment, lorsque vous circulez dans le metro le nombre de personnes, leur regards dans le téléphone est énorme, parmi celles-ci, il y a ceux qui jouent à des banalités du genre CANDY CRUSH SAGA et assimilés, ceux et celles qui restent à échanger messages, comment une maladie, tant que faire ce peu, avec d’autres personnes. Le téléphone, semble être au centre d’une modification ou bouleversement majeur de la culture, à travers lui, bien évidemment les applications, aussi diverses comment il y a d’utilisateurs.

Reste alors à parler du prosélytisme

Et si les applications, ciblées, auraient aussi réussi à capter des utilisateurs ?

Voilà que les activités pragmatiques, comment l’économie, la politique, qui sont avant tout une sorte de palpiter de battement au cœur même de la société ; perdent progressivement de l’importance.

Parce que dans la tablette ou le téléphone, nous trouvons des applications " ciblés " à notre intention, donc qui captivent largement notre attention.

C’est sans doute un facteur qui favorise donc le 56 % d’abstention, sur plus de 42 millions d’électeurs potentiels du premier tour, moins de la moitié aura voté, au deuxième tour, et de cette moitié là 12 % a décidé de voter droite et 12 % extrême droite, 16 % de naïfs auraient voté encore pour le groupe au pouvoir ; groupe qui mène une politique imposée par un ex-banquier, jamais élu, devenu ministre de l’économie.

Il est trop facile pour cette caste, de gouverner puisque 8 citoyens sur 10 trouve plus important figer sont regard dans des applications de sont téléphone, que chercher à s’unir pour se défendre des sangsues de la finance.

Les leaders politiques, deviendraient absolument incapables de défendre, d'argumenter sur la démocratie, de haut de leur hégémonie, de haut de leur état godillot, des serviles pantins des banques, deviendraient des parfaits clowns incapables!

Par Nestor Elias RAMIREZ JIMENEZ dit " gramophone "
Joigny lundi 13 avril 2015
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Re: Facebook ou l'amicalisation des rapports sociaux.

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